 Nous vivons une époque formidable : Internet va nous rendre immortels !
L'homme inutile ne laisse pas de traces, dit le philosophe. Et pourtant n'est-ce pas le souvenir qui maintient le lien entre les générations.
Qui n'a pas assisté à une cérémonie funèbre au cours de laquelle un intervenant rappelle les grandes heures du défunt. Encore faut-il que ce dernier ait effectivement fait quelque chose de sa vie. Tout le monde n'est pas un personnage historique, mais chacun est souvent porteur, même dans un cercle relativement intime, d'une démarche ou de faits qui ont pu être exemplaires. Quelle surprise parfois d'apprendre dans ces circonstances si particulières, que celui, ou celle, qui nous quitte, a accompli des actions qui l'honorent, mais dont il n'avait jamais parlé.
A contrario, quel embarras de devoir trouver des mots particuliers pour évoquer un défunt dont la vie a été, au moins en apparence, d'une banalité triste à pleurer.
Plus ou moins fort en chacun de nous, le sentiment d'être rapidement oublié est troublant. Mais qui mieux que soi-même peut, de son vivant, choisir ce qu'il aimerait que l'on retienne de son passage. C'est sans doute partant de cette idée qu'aujourd'hui se développent des sites spécialisés dans une communication post mortem.
Venue du Japon et des États-Unis, démarre la mode d'une mise en ligne sur des sites spécialisés de tout ce qui nous semble important à retenir nous concernant et, grande première, que nous pouvons enregistrer nous-mêmes en alimentant le site de photos, vidéos ou textes. À votre décès, le site transmet à ceux que vous aurez désignés toute la biographie que vous aurez construite vous-même. Un processus de fonctionnement est spécifique à chaque site.
Sommet de la technologie, un code- barres peut être apposé sur la tombe et être lu par un smartphone qui va le scanner et accéder ainsi à votre ultime jardin intime ! On commence à parler d'héritage numérique comme l'évoque notamment le site www.laviedapres.com dont le comité d'éthique comprend quelques noms célèbres comme François de Closets ou Francine Wattiaux, présidente de l'association France Alzheimer.
Les services proposés par ces sites spécifiques de mémoire sont payants (20 € par an), mais ont souvent une option allégée et gratuite. Après la généalogie, la cryptologie voici donc l'héritage numérique, nouvelle étape de l'homme dans sa recherche d'éternité.
C.LEBEL
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